Nantes | les lieux de culture sont aussi des lieux de vie :

Alors que le milieu artistique et culturel français ne cesse de réfléchir à l’ouverture des lieux de culture, qui sont parfois qualifiés de vase clos, Nantes propose peut-être une solution. C’est l’impression que m’ont donné les trois jours passés à Nantes et notamment la visite du Lieu Unique et de La Fabrique.

A l’heure où la démocratisation de la culture, ce terme parfois « fourre-tout », est en perte de vitesse et de valeur, la ville de Nantes semble être en phase de construction d’un nouveau modèle. Sans que leurs actions ne soient dictées par la recherche de cette démocratisation, certains acteurs culturels à Nantes pensent les structures culturelles qu’ils dirigent autant comme des lieux de vie que des lieux dédiés à l’art.

Au sein de La Fabrique et de Trempolino, des espaces du quotidien ont été aménagés, dont l’exemple le plus parlant est le café/restaurant.

Quoi de plus populaire qu’un café/restaurant ? Ce lieu ouvert à tous les individus, dont la grande majorité détient les codes et a déjà franchi les portes, attire des personnes d’horizons très divers. A la Fabrique et chez Trempolino, ceci est d’autant plus vrai que les prix sont abordables voir bon marché pour une qualité égale. Les étudiants des écoles et facs alentour peuvent même venir y réchauffer leurs plats et s’y installer librement.

Le positionnement comme lieu de vie est très explicite pour le Lieu Unique. En plus d’un café et d’un restaurant, son espace d’accueil est aussi partagé avec une bibliothèque et un hammam. Ainsi, selon Emilie Houdmon (chargée des relations publiques au L.U.), les personnes qui passent la porte du Lieu Unique pour venir y manger, circulent devant le lieu d’exposition et sont amenés à y pénétrer. Ils y sont d’ailleurs incités par la gratuite des expositions. C’est ainsi qu’un espace du quotidien peut amener l’utilisateur lambda à devenir public d’un espace culturel.

Emilie Houdmon nuance cependant ce constat : même si les utilisateurs du café/restaurant, du hammam ou de la bibliothèque s’arrêtent pour jeter un œil aux expositions, ils ne franchissent par forcément la barrière du lieu de spectacle. Le public de la salle de spectacle reste donc moins hétérogène que celui du lieu d’exposition.

Malgré cette nuance, la visite de ces lieux montre que d’autres voies sont possibles dans l’ouverture des lieux de culture à tous. C’est donc à nous, futurs professionnels de la culture, de prendre exemple sur des initiatives de ce type, afin de créer nos propres modèles et d’essayer de nouvelles formes. Faire que les lieux de culture ne soient plus une énigme pour la majorité de la population.

 

Céline Trocmet


Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s