Nantes, la Nantie ?

” Quand on nous a demandé d’écrire un article sur ce qui nous avait plu / surpris / marqué / étonné lors de notre séjour à Nantes, les idées fusaient dans ma tête. Devrais-je parler de La Fabrique, de Stereolux et de Trempolino (qui mènent des actions admirables dans le secteur des musiques actuelles) ? Ou alors du Lieu Unique, de Royal De Luxe, du Voyage à Nantes, de l’exposition sur le montage cinématographique, du Hangar à Bananes, du Nid, du concert de musique liturgique, des bars branchés ? Ou encore devrais-je faire l’éloge de la politique culturelle de la Ville qui a réussi à reconquérir des territoires abandonnés et les transformer en véritables et admirables grandes institutions culturelles ?

Il est vrai qu’en arrivant à Nantes, en découvrant les différentes structures culturelles et en écoutant les discours politiques, j’étais émerveillé qu’une ville encourage à ce point l’émergence, les cultures « alternatives » et innovantes (cf. la programmation de Stereolux à La Fabrique, les actions du Trempolino et du Lieu Unique, etc.). Et puis on parle avec des gens qui ne sont ni acteurs de la politique de la Ville, ni salariés des grandes institutions citées précédemment. On apprend alors l’existence du « Virage à Nantes » et on entend vaguement parler des ateliers Bitche. Et là, on comprend que finalement, la politique culturelle de la ville de Nantes reste avant tout, comme son nom l’indique, de la politique : mettre en avant les grandes institutions rayonnantes et occulter le reste, sous prétexte de « politiquement correct ».

Le Virage à Nantes a été mis en place en réaction au Voyage à Nantes pour « engager voyageurs et habitants loin des itinéraires fléchés et des chemins balisés, biaisés ». Mais de ça, personne ne nous en a parlé. Les œufs écrasés sur les toits de la ville, visibles depuis la Tour de Bretagne, font partie du Virage à Nantes, et non pas du Nid (créé lors d’un Voyage à Nantes) comme nous le croyions. Quant aux ateliers Bitche, l’une de ses administratrices nous a confié la difficulté d’exploiter leur friche industrielle et d’y organiser leurs évènements (concerts, expos, projections, etc.) avec le si peu d’intérêt que leur porte la Ville. Ce ne sont là que deux exemples, mais ils prouvent bien que l’on ne nous a fait découvrir qu’une partie de la vie culturelle Nantaise.

Bien sûr, je ne m’attendais pas à apprendre que la ville finance des projets ultra-marginaux (n’est-ce pas le propre de la contre-culture que de rester en marge ?). Mais il aurait pu être intéressant de nous parler également de ce qu’il se passe dans l’underground Nantais et de ne pas oublier que la culture vit également hors des sentiers battus. “

Alexis Bouton


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