Séjour à Nantes :

L’insomnie m’épuisait et la route était vaste
Les paupières alourdies par le poids des semaines
Seul à ne point dormir, juste pour le contraste
Traversant le pays et ses mille domaines

Arrêté le cortège, nous voici à l’auberge
Et les berges d’ici m’apparaissent assez ternes
Taciturne j’attends que la vraie ville émerge
Pour qu’elle image ainsi son visage en externe

Sincère, l’accueil protocolaire nous rassure
Assurément nous avions besoin de ceci
Car le pédant climat sublimait la cassure
Entre un centre-ville et sa banlieue endurcie

Ici je ressens l’Océan de mon passé
Où les roches bretonnes ont forgé mes dessins
Bien sûr nous sommes assez loin de ces pensées
Et de l’île d’Ouessant et des dauphins de Sein

Pourtant je me suis souvenu de l’atmosphère
De cette mer d’Iroise par ses reflets turquoises
Lorsque je partais fier avec mon petit frère
Si loin de la routine où les douleurs se croisent

Ainsi Nantes aura bien fini par m’apaiser
J’ai aimé rencontrer la passion engagée
Des discours personnels qui ne sont pas biaisés
Par la peur éternelle d’un quelconque danger

Puis la jeunesse souffle, elle est valorisée
Elle a dans la visée un futur qui progresse
Les équipements nombreux semblent maîtrisés
Puis la jeunesse boit, elle recherche l’ivresse

J’ai aimé circuler au hasard, sans savoir
Uniquement guidé par l’instinct de mes sens
L’éléphant immobile cache dans son ivoire
Le mobile d’un espoir par-delà ses défenses

La ville a su changer son passé ombragé
Par le sang de l’esclavage rouge vermeille
Je ne peux expliquer tant je fus soulagé
Quand la belle éveillée m’a offert son sommeil

Guillaume Héritier

Nantes | les lieux de culture sont aussi des lieux de vie :

Alors que le milieu artistique et culturel français ne cesse de réfléchir à l’ouverture des lieux de culture, qui sont parfois qualifiés de vase clos, Nantes propose peut-être une solution. C’est l’impression que m’ont donné les trois jours passés à Nantes et notamment la visite du Lieu Unique et de La Fabrique.

A l’heure où la démocratisation de la culture, ce terme parfois « fourre-tout », est en perte de vitesse et de valeur, la ville de Nantes semble être en phase de construction d’un nouveau modèle. Sans que leurs actions ne soient dictées par la recherche de cette démocratisation, certains acteurs culturels à Nantes pensent les structures culturelles qu’ils dirigent autant comme des lieux de vie que des lieux dédiés à l’art.

Au sein de La Fabrique et de Trempolino, des espaces du quotidien ont été aménagés, dont l’exemple le plus parlant est le café/restaurant.

Quoi de plus populaire qu’un café/restaurant ? Ce lieu ouvert à tous les individus, dont la grande majorité détient les codes et a déjà franchi les portes, attire des personnes d’horizons très divers. A la Fabrique et chez Trempolino, ceci est d’autant plus vrai que les prix sont abordables voir bon marché pour une qualité égale. Les étudiants des écoles et facs alentour peuvent même venir y réchauffer leurs plats et s’y installer librement.

Le positionnement comme lieu de vie est très explicite pour le Lieu Unique. En plus d’un café et d’un restaurant, son espace d’accueil est aussi partagé avec une bibliothèque et un hammam. Ainsi, selon Emilie Houdmon (chargée des relations publiques au L.U.), les personnes qui passent la porte du Lieu Unique pour venir y manger, circulent devant le lieu d’exposition et sont amenés à y pénétrer. Ils y sont d’ailleurs incités par la gratuite des expositions. C’est ainsi qu’un espace du quotidien peut amener l’utilisateur lambda à devenir public d’un espace culturel.

Emilie Houdmon nuance cependant ce constat : même si les utilisateurs du café/restaurant, du hammam ou de la bibliothèque s’arrêtent pour jeter un œil aux expositions, ils ne franchissent par forcément la barrière du lieu de spectacle. Le public de la salle de spectacle reste donc moins hétérogène que celui du lieu d’exposition.

Malgré cette nuance, la visite de ces lieux montre que d’autres voies sont possibles dans l’ouverture des lieux de culture à tous. C’est donc à nous, futurs professionnels de la culture, de prendre exemple sur des initiatives de ce type, afin de créer nos propres modèles et d’essayer de nouvelles formes. Faire que les lieux de culture ne soient plus une énigme pour la majorité de la population.

 

Céline Trocmet

A l’Ouest, du nouveau :

« C’est où Nantes ? – Ben, dans le nord, là haut quoi. –Mais où là haut ? Vers la Bretagne ? En dessous ? –Donc, y’a la mer, à Nantes ? » L’idée que l’on se faisait de cette ville avant de s’y rendre était très imprécise : du vent, des indications géographiques approximatives, et de la pluie. Barbara avait vu juste, le ciel nantais n’est pas particulièrement clément en ce début du mois de mars. Qu’importe, l’ambiance « colonie de vacances » qui nous a gagné dès notre montée dans le bus, à base de « qui s’assoit à côté de qui » et de chansons de Claude François chantées à tue-tête n’en finit pas de réchauffer nos trois jours de séjour.

Et même s’il pleut à Nantes, il suffit d’être entouré des bonnes personnes pour oublier le froid. A peine arrivés à l’hôtel de ville, la mine réjouie de Jean-Louis Jossic, sa chemise rouge pétante et ses cheveux ébouriffés nous dérident instantanément. Mi-chanteur dans un groupe folk celto-médiéval, mi-adjoint à la culture, ses yeux pétillent quand il nous parle de la politique culturelle de sa ville. Son enthousiasme est communicatif : tous les porteurs de projets que l’on rencontre les jours suivants, de Marie Chapelin à Astrid Gingembre, sont animés par cette envie de faire réveiller cette ville longtemps surnommée « la belle endormie » pour donner raison à André Breton qui la considère comme « peut-être avec Paris, la seule ville de France où j’ai l’impression qu’il puisse m’arriver quelque chose qui en vaut la peine. »

De ces échanges avec les acteurs culturels locaux, on retient surtout cette volonté de « faire-ensemble », de mélanger les artistes et les spectateurs au cœur de la ville, pour toujours plus de partage et d’échanges. On sent véritablement un esprit collectif, aussi bien dans les réflexions que dans le déroulement des projets : et au vu du succès des manifestations nantaises, on se dit que l’effet de groupe a parfois du bon. Cela apporte une note plus légère, plus accessible aussi, qui manque parfois aux projets culturels lyonnais.

Les structures et lieux de diffusion n’en finissent pas de nous surprendre : Tiens, un bus-studio encastré dans une des façades du Trempolino ! Tiens, le visage de Jimi Hendrix placardé sur les murs d’une des salles de concert de la Fabrique ? Tiens, ce sont les morceaux de la calle d’un bateau qui viennent servir l’acoustique d’une salle du Lieu Unique… C’est finalement l’image d’une ville dynamique et pleine d’ambition qui nous accompagne sur le chemin du retour. Au plaisir de venir apprécier la ferveur des beaux jours !

Marie Perrault

Le réveil de la belle :

A Nantes, ce qui frappe en premier lieu, c’est cette apparente tranquillité, ce calme, cette langueur, qui lui confèrent aujourd’hui encore cette trompeuse apparence de Belle Endormie. Parce qu’en dessous, un bouillonnement trépidant se dévoile sous nos yeux ébahis. Artistes, politiques et nantais semblent se fédérer avec une vitalité impressionnante autour de la culture. Ce qui frappe, c’est leur capacité à mener un travail ambitieux et engagé. C’est leur capacité à délaisser leurs intérêts propres et leur égo au profit d’un projet commun et généreux. Et cela marche ! Cette culture au cœur de la ville, au cœur de la citoyenneté paraît toucher un nombre grandissant de personnes. Elle s’immisce entre toutes les pierres, glisse sur le fleuve et envahit les méandres de Nantes. Elle se propage comme une épidémie.

Ici, la pensée unique n’existe pas, tout s’invente et se réinvente en collectif. Une hybridation inédite entres les artistes, la population et les politiques ouvre le champ des possibles, la liberté d’action parait immense. Les rapports se construisent sans hiérarchie ; une voix, un homme, ou bien plus souvent : une femme… Les projets artistiques se bâtissent dans l’exercice de la démocratie. La concurrence semble être absente des relations entre acteurs culturels, chacun est stimulé par les autres, chaque pierre concoure à l’édifice commun. Tout est essentiel. Nantes n’est plus la victime de son héritage industriel délabré et sinistré. Elle est façonnée par son patrimoine, elle est maîtresse de son destin. Elle n’a pas l’orgueil de dessiner une trame à suivre, ou de s’alourdir de médailles, elle fait confiance à cette énergie créative qui grouille et se diffuse pour la faire vivre.

Nantes a choisi ne pas être la vitrine d’équipements somptueux, historiquement dédiés à la culture bourgeoise. Elle a bâti son identité culturelle autour de ce qui l’a forgée, de ce qui appartient à son histoire collective et populaire, de ce qui a engendré la fierté ou le dégoût. Ainsi l’action culturelle fait sens, elle a le pouvoir de résonner en chacun. Ici pas de fioritures, le fond, les processus de création, le partage, la réflexion et le renouvellement importent plus que la forme et le protocole. Avec un budget dans la moyenne, Nantes épate et vient conforter Aurélie Filippetti lorsqu’elle déclame : « Disons qu’il faut passer d’un ministère prestigieux mais modeste, à un ministère humble mais efficace »1.

1Aurélie Filippetti, Mouvement janvier-février 2013

 Inès Modolo

L’impertiNantes :

“Début mars. Grisaille.

Nantes ses 300 000 habitants, son club de foot, sa chaîne télé, ses petits beurres et son éléphant. Outre ces points de détail, quoique, Nantes c’est surtout la culture, la culture dans son ensemble. Nantes crée, bouge et le crie haut et fort comme si à chaque instant toute la ville partait à l’abordage de la sphère culturelle.

Le piège c’est la grandiloquence, c’est se prendre pour les rois du monde parce qu’on a une grosse machine culturelle et un budget annuel proche de la dette extérieure du Bénin. A Nantes, il y a une fraîcheur, une insolence qui met à l’abri de ce genre d’errements. Le discours de tous est bien rodé. On peut reconnaître aux professionnels du milieu des qualités complémentaires à savoir la fierté, la fougue, l’intelligence, l’insouciance, une maîtrise insolente de leur territoire et un talent inné pour mener des projets fous. Si Nantes était un concert, on pourrait dire que ça joue fort, ça joue vite, avec une précision diabolique et que ça fait bientôt 20 ans qu’elle sème la panique dans nos oreilles.

Nantes c’est une symphonie culturelle avec des changements d’accord qui prennent à contre-pied. Le son est dégagé, défriché, chaque musicien est parfaitement situé, c’est un ensemble qui respire.

On a l’impression que non seulement tous ont des idées mais qu’en plus ils ont un talent fou pour les mettre en valeur. C’est un peu comme s’ils nous avaient fait la promesse d’un projet mais qu’en plus ils arrivaient à la concrétiser en moins de trois jours tout en gardant la tête froide.

Je ne sais pas si Nantes est une ville qui compte dans l’histoire de la culture mais une chose est sure c’est qu’on doit lui être reconnaissante pour l’électrochoc qu’elle nous a envoyé.

Nantes la subversive et l’impériale ouvre des perspectives. Désormais, il ne s’agit plus de voir comment la ville deviendrai numéro un en terme de culture à la française mais comment elle continuera à mûrir et à réaliser des rêves pas très conventionnels.”

Gayde Manon

Nantes, la Nantie ?

” Quand on nous a demandé d’écrire un article sur ce qui nous avait plu / surpris / marqué / étonné lors de notre séjour à Nantes, les idées fusaient dans ma tête. Devrais-je parler de La Fabrique, de Stereolux et de Trempolino (qui mènent des actions admirables dans le secteur des musiques actuelles) ? Ou alors du Lieu Unique, de Royal De Luxe, du Voyage à Nantes, de l’exposition sur le montage cinématographique, du Hangar à Bananes, du Nid, du concert de musique liturgique, des bars branchés ? Ou encore devrais-je faire l’éloge de la politique culturelle de la Ville qui a réussi à reconquérir des territoires abandonnés et les transformer en véritables et admirables grandes institutions culturelles ?

Il est vrai qu’en arrivant à Nantes, en découvrant les différentes structures culturelles et en écoutant les discours politiques, j’étais émerveillé qu’une ville encourage à ce point l’émergence, les cultures « alternatives » et innovantes (cf. la programmation de Stereolux à La Fabrique, les actions du Trempolino et du Lieu Unique, etc.). Et puis on parle avec des gens qui ne sont ni acteurs de la politique de la Ville, ni salariés des grandes institutions citées précédemment. On apprend alors l’existence du « Virage à Nantes » et on entend vaguement parler des ateliers Bitche. Et là, on comprend que finalement, la politique culturelle de la ville de Nantes reste avant tout, comme son nom l’indique, de la politique : mettre en avant les grandes institutions rayonnantes et occulter le reste, sous prétexte de « politiquement correct ».

Le Virage à Nantes a été mis en place en réaction au Voyage à Nantes pour « engager voyageurs et habitants loin des itinéraires fléchés et des chemins balisés, biaisés ». Mais de ça, personne ne nous en a parlé. Les œufs écrasés sur les toits de la ville, visibles depuis la Tour de Bretagne, font partie du Virage à Nantes, et non pas du Nid (créé lors d’un Voyage à Nantes) comme nous le croyions. Quant aux ateliers Bitche, l’une de ses administratrices nous a confié la difficulté d’exploiter leur friche industrielle et d’y organiser leurs évènements (concerts, expos, projections, etc.) avec le si peu d’intérêt que leur porte la Ville. Ce ne sont là que deux exemples, mais ils prouvent bien que l’on ne nous a fait découvrir qu’une partie de la vie culturelle Nantaise.

Bien sûr, je ne m’attendais pas à apprendre que la ville finance des projets ultra-marginaux (n’est-ce pas le propre de la contre-culture que de rester en marge ?). Mais il aurait pu être intéressant de nous parler également de ce qu’il se passe dans l’underground Nantais et de ne pas oublier que la culture vit également hors des sentiers battus. “

Alexis Bouton

Impressions nantaises :

“Ce voyage nous a offert une occasion rare d’appréhender de façon très concrète différents leviers d’une action publique, au niveau d’une ville, en faveur de la culture et de la création. Des rencontres riches ont jalonné notre parcours nantais, avec Jean Louis Jossic, Gérard Pardessus et son équipe qui nous a fait partager la réalité de la Direction Générale à la Culture de la ville de Nantes, son mode de fonctionnement et permis ainsi de mieux cerner l’organisation mise en place.

Je garde de ce voyage des impressions mêlées, d’enthousiasme communicatif de toute l’équipe nantaise qui nous a accueillis, d’une évidente générosité créative à l’égard des publics et de la population, d’une énergie et d’une forme de simplicité aussi. La culture n’est pas là ostentatoire et prétentieuse, elle est ouverte, tournée vers les autres, à l’image de la Compagnie Royal De luxe. Elle est pleine d’une imagination mâtinée d’un petit grain de folie, transformant le quotidien et l’espace public, tout comme « le grand éléphant », symbole des « machines de l’Ile » croisé aux alentours de la Fabrique ou comme ces œuvres d’art qui bordent les rives de la Loire, témoignages du premier « Voyage à Nantes ».

Le sujet de la réhabilitation de l’Ile de Nantes et le choix d’un levier urbain pour insuffler une énergie sociale, culturelle et économique, à un lieu témoin historique de la typicité industrielle la ville de Nantes m’a beaucoup intéressée. L’idée de créer un lieu des possibles et sa traduction, matérialisée par la mise en place des trois Fabriques, est à remarquer. C’est l’exemple d’une mobilisation de structures et d’acteurs culturels (de tailles et d’activités différentes autour de la musique) et d’une collectivité territoriale pour investir les lieux et les faire vivre tout en tentant de maintenir chacun sur un même plan d’égalité. La Fabrique visitée suscite une impression de coopération et de mutualisation des espaces (comme les salles de concerts) au profit de la création.

Nantes donne la sensation d’être un territoire où l’on tente des expériences artistiques, explore, crée des passerelles entre les disciplines (comme dans le Lieu Unique).

Pourtant, pour compléter le tableau nantais, d’autres points de vue, moins officiels, éventuellement critiques à l’égard de l’action collective menée, auraient été intéressants. Nous étions nous-mêmes, étudiants de l’EAC, cibles (consentantes) du marketing territorial de la ville de Nantes.

Reste l’envie d’y retourner pour un grand week-end d’été, pour le prochain « Voyage à Nantes » annoncé.”

Marie-Laure Grangette

¤ Le forum d’Avignon : Comment investit-on dans la culture ? ¤

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Les territoires cherchent de plus en plus à tirer leur épingle du jeu. La culture est devenue un enjeu majeur pour le développement global des villes qui cherchent à devenir de plus en attractives. De ce processus résulte une compétition entre les territoires.

La culture n’est plus actuellement considérée comme une matière à part, celle-ci fait partie d’un tout englobant l’économie, la science ou l’innovation. En partant de ce postulat le développement de la culture ne peut se faire sans logique économique.

Suivant cette tendance, des acteurs culturels et économiques se réunissent une fois par an durant le Forum d’Avignon. C’est un laboratoire d’idées qui a pour but de mettre en avant les liens entre la culture et l’économie suivant des thématiques définies, par exemple « Culture et attractivité des territoires » ou « Culture, innovation et numérique ».

En se basant sur l’étude de Kurt Salmon, « Quelles stratégies pour l’emploi et le développement des territoires ? » fait suite à une première étude d’Ineum Consulting. Il s’agit ici de démontrer quels sont les liens entre la culture, l’attractivité des territoires et son développement économique et social.

Nous allons donc tenter de comprendre quelles sont les stratégies mises en place par les territoires selon leurs enjeux ainsi que leurs positionnements. Parmi les différents outils mis à disposition des territoires nous étudierons le réseau « Villes créatives » institué par l’UNESCO. Ces outils constituent-t-ils un gage de légitimité ou un appui pour se développer ?

A la lumière de nos recherches nous inclurons Nantes dans la cartographie proposée par l’étude du Forum d’Avignon.

¤ Les villes et l’évènementiel ¤

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Festival BD – Angoulême

Le festival de Bande Dessinée d’Angoulême a été créé en 1974. Pour sa 40ème édition, en 2013, le festival a accueilli environ 220 000 visiteurs. Il a été fondé sur la volonté d’agents municipaux et d’un éditeur. Le festival est devenu en 40 ans, un moteur économique pour la ville et la région, aussi bien pendant le festival qu’en dehors, avec la création d’institutions dédiées à la BD : école d’art, entreprise culturelle et créative.

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Nuit Blanche – Paris

Nuit Blanche est un événement artistique annuel qui a pour vocation de rendre l’art contemporain accessible au grand public et faire découvrir Paris avec un nouveau regard. Cette manifestation, initiée en 2002 par le maire de Paris, est une opération de marketing territorial puisqu’elle s’inscrit véritablement dans un territoire donné en utilisant les immeubles, les reliefs, l’architecture et les rues de la capitale. Un bémol subsiste néanmoins car jusqu’à présent, Nuit Blanche est resté un événement ponctuel et éphémère sans conséquence durable sur l’année.

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La Folle Journée – Nantes

La Folle Journée est un festival de musique classique crée par René Martin (directeur artistique de festivals de musiques) et lancé en 1995 à Nantes. Il se déroule généralement à la fin du mois de janvier ou au début du mois de février. La vocation de ce festival est d’ouvrir la musique classique à un public élargi, initié ou non, en proposant des concerts courts de maximum 45 minutes. Avec environ 120 000 spectateurs à Nantes et 50 000 en régions, la Folle journée de Nantes est devenue l’un des plus grands évènements de musique classique en Europe.

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Le Festival d’Avignon

Le Festival d’Avignon, fondé en 1947 par Jean Vilar, est un des plus importants événements internationaux de spectacle vivant contemporain qui se déroule pendant le mois de juillet. Il est géré par une association à but non lucratif qui est subventionnée par l’Etat, la Ville d’Avignon, la Communauté d’Agglomération du Grand Avignon, le Département du Vaucluse, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et le programme culture de l’Union Européenne. En 2012, le « IN » comptait de 120 000 à 150 000 entrées payantes et le « OFF » de 1,1 à 1,3 millions. Les retombées économiques sur la ville d’Avignon sont estimées à 23 millions d’euros (chiffres 2011).

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Chalon dans la Rue – Chalon sur Saône

Au total, près de 1000 artistes se rendent sur le festival qui s’inscrit pleinement dans la ville et, plus largement, dans la région Bourgogne.Ainsi, depuis 2005, 85 commerçants de Chalon sur Saône sont partenaires du festival. 

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¤ L’effet Bilbao ¤

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La ville de Bilbao en Espagne est une ancienne citée industrielle. Suite à la crise économique des années 1970-80, la ville s’appauvrit et devient un désert économique. Face à ce constat un plan de rénovation urbaine est mis en place. Début des années 90, la ville de Bilbao répond à un appel d’offre du musée Guggenheim pour implanter une antenne en Europe et c’est ainsi que né le musée Guggenheim de Bilbao. L’impact économique du musée se fait ressentir très vite : création de 5000 à 9000 postes sur les trois premières années, 1,36 millions de visiteurs la première année ce qui en fait le 2ème musée le plus visité en Espagne, 900 000 visiteurs par an dont les deux tiers viennent de l’étranger, un impact économique de plus de 160 millions d’euros en dix ans. Le succès de ce musée implantée dans une région économiquement appauvrit devient une référence. On parle maintenant d’ «effet Bilbao».

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En France, deux autres villes tentent de reproduire l’ «Effet Bilbao» : Metz avec le Centre Pompidou et plus récemment Lens avec le Louvre, deux villes économiquement sinistrées en France. Les premiers résultats suite à l’implantation des musées sont cependant plutôt mitigés. Alors pourquoi décentraliser ? Les musées choisissent de se décentraliser car cela fait partie de leurs missions. Les collectivités souhaitent ouvrir un musée dans leurs régions car quand elle est intégrée dans un projet global elle permet de redynamiser une région. Les musées choisis sont des grandes institutions déjà reconnues. Elles acceptent le défi qui leur est proposé par les collectivités car pour elle c’est un gain en termes d’image, de stratégies, et financier. Cependant, la seule ouverture d’une antenne muséale dans sur un territoire ne suffit pas à soutenir l’économie. Il est nécessaire de repenser le territoire dans sa globalité : en terme d’infrastructures logistiques (transports), touristiques, …

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